Somebody I can miss

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Somebody I can miss

Message par Kassian Loukianenko le Dim 29 Juil - 19:42

_ "Vous voyagez beaucoup."

Kassian adressa un de ses sourires charmeurs à la femme qui contrôlait son passeport à l'aéroport de Star City et ses yeux bleus pénétrants se mirent à pétiller. Elle n'avait pas idée.

_ "Bon séjour, monsieur."

En la remerciant d'un signe de tête, le jeune homme rangea ses papiers dans la poche intérieure de sa veste et il poursuivit son chemin dans le méandre de couloirs, traînant une valise derrière lui, jusqu'au atteindre enfin le hall où il découvrit que tous les panneaux étaient écrits en anglais. Il roula des yeux en se disant que c'était bien américain, ça. Dans tous les aéroports où il était allé, les indications étaient lisibles au moins dans trois langues. Il n'imaginait même pas la panique que ce serait à Moscow si tout n'était écrit qu'en russe.
Heureusement, Kassian avait eu une bonne éducation. Il avait une compréhension correcte de l'anglais, de l'italien, du chinois et de l'ukrainien. En revanche, comme il n'avait guère l'occasion de pratiquer, l'expression orale laissait un peu à désirer et il se montrait toujours plus timide quand il devait prendre la parole dans une autre langue que la sienne.

Il avait choisi trois clients à Star City. Trois clients qui ne savaient pas qu'il venait.
Le premier se disait sincèrement amoureux de sa femme mais lors d'une soirée entre collègues beaucoup trop arrosées il avait couché avec une autre personne et depuis il s'en voulait beaucoup. Comme il était très croyant, il considérait qu'il avait péché et il voulait à tout prix effacer cette faute de sa mémoire pour pouvoir rester auprès de sa bien aimée sans culpabiliser de son erreur.
Le deuxième était le chauffeur d'un bus pour enfants qui s'était endormi au volant qui avait précipité le véhicule d'une falaise. Il était le seul rescapé et il n'arrivait pas à se remettre de sa culpabilité non plus. Il avait déménagé à la grande ville pour s'éloigner de sa campagne où trop de monde avait du mal à lui pardonner mais son souvenir l'empêchait de refaire sa vie.
Le troisième était un client un peu plus spécial. Il disait avoir été enlevé et torturé par une mafia à l'étranger pendant plusieurs mois et il voulait effacer les souvenirs des sévices qu'il avait enduré parce qu'il se sentait replonger dans une ombre dont il avait réussi à s'échapper auparavant grâce à un homme qu'il aurait rencontré et dont il serait amoureux. Son message ne donnait pas plus de précisions mais deux choses avaient intrigué Kassian jusqu'à le pousser à le sélectionner. D'abord, le souhait de racheter un méfait de la mafia - il ignorait encore qu'il s'agissait justement de celle de Moscow mais il savait bien (puisqu'il était au deuxième rang) que des innocents subissaient souvent dans punitions pour qu'elle arrive à ses fins. Et puis, l'histoire avec son mystérieux sauveur dont il était amoureux.

Kassian suivit les panneaux qui conduisaient à la station de taxi et il tendit un papier avec l'adresse de son hôtel au chauffeur qui était en tête de file. Le même hôtel qu'un fameux compositeur finlandais et son petit-ami jardinier, en vacances pour la seconde fois à la capitale américaine des mutants. Il avait choisi cet hôtel parce que c'était apparemment là que c'était tenu la première exposition de Ashkan Fox, un photographe talentueux dont il suivait la carrière sur Internet depuis qu'il était tombé dans les images Google sur une image de renards qu'il avait apparemment prise.

_ "Bonjour. Moi, ici. S'il vous plaît", dit-il au chauffeur en essayant de lisser son accent.

Pouh ! Il allait devoir se dérouille un peu.

En regardant à travers les vitres, le jeune homme se repassa des souvenirs qu'il avait pris à d'autres personnes et conservé parce qu'ils les trouvaient beaux. Parfois, quand son esprit les connectait trop intimement à lui, avait l'impression d'être ces gens-là, pendant quelques secondes, avant que la réalité ne le rappelle brutalement à lui. C'était pour cette raison que le souvenir du baiser entre les deux hommes l'avait tant marqué. Quand il se le repassait, il avait l'impression d'aimer au point que son coeur allait éclater. Une sensation qu'il n'avait jamais ressenti de sa vie auparavant. Bien sûr, Kassian avait rencontré des femmes avec lesquelles il avait fait plus que discuter mais il n'était jamais vraiment sorti avec personne. Sa situation familiale ne rendait pas les choses faciles.

Comme le touriste qu'il restait, il sortit son NG phone et se mit à prendre des photos de la ville qui défilait sous ses yeux, songeant vaguement au fait que les fabricants de son téléphone résidaient ici.
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Re: Somebody I can miss

Message par Ambre Nocturne le Jeu 2 Aoû - 14:11

— Non.
— Si.
— Non.
— Si.
— Non.

La tension était rude.

— Regarde le livret de règles.

Ambre leva théâtralement les yeux au ciel avant de s’emparer du document pour le feuilleter.

— C’est vers le milieu.
— Nia nia nia nia.

Chase esquissa un sourire aimablement moqueur.

— « Si un joueur convertit trois moutons en viande, il recule son pion de cheptel d’une case, à moins de tenter un jet de loup et… ». Ouais. Bon. OK, t’avais peut-être raison.
Peut-être ?
— Bon ben j’ai perdu.
— Semblerait-il.

Chase jeta un coup d’oeil à sa montre.

— Faut que je rentre, Dorian va pas tarder.

Léger hochement de tête de l’autre côté de la table, alors que le plateau de jeu commençait à se ranger tout seul, aurait-on cru en voyant les pièces voler et se ranger d’elles-mêmes dans les compartiments de la boîte.

— Du coup, à propos de ce dont on a parlé… ?
— Dis à ta sœur de m’envoyer les spécifications, et je vous ferai des plans.
— Tu peux passer au Bigsby, sinon…
— Je crois qu’on va éviter.

Silence.
Chase hocha lentement la tête, avant de serrer la main à son ami et de quitter la chambre. Il sortit de l’hôtel peu avant qu’un taxi n’y dépose un mafieux russe en mal de souvenirs à effacer.

— C’est rien.
— Il n’empêche que je voudrais être certain. Quelques examens, ça ne prendrait qu’une heure ou…
— J’ai dit : c’est rien.

Wayne dégagea brusquement son bras du tensiomètre et le médecin, après avoir interrogé Syrus du regard, jugea préférable de se résigner.

— Je vous laisse ma carte et je vous fais une ordonnance pour des analyses sanguines, insista-t-il malgré tout, alors que le jardinier renfila son tee-shirt, assis au bord du lit.

Quelques politesses plus tard et le docteur quitta la suite des deux hommes. Quand Syrus revint dans la chambre, Wayne détourna les yeux.

— Je suis pas malade, répéta-t-il, comme pour se convaincre. J’m’évanouis de temps en temps, c’est juste, j’sais pas, ça arrive à des gens.

Comme ce matin-là, dans la douche, et plusieurs fois avant cela. Les crises paraissaient se rapprocher. Mais aucun des examens n’avait révélé la moindre anomalie chez Wayne. Alors il essayait de faire abstraction du problème.

— M. Nocturne ? Monsieur… Oh. Pardon. Vous aviez dit d’entrer et…

Ambre ferma le poing et la flamme qui dansait au-dessus de sa paume disparut aussitôt. En bon habitant de Star City, le groom devait être habitué à ces spectacles étranges, parce qu’il ne paraît pas surpris très longtemps.

— Messieurs Spencer et Morley vous attendent dans le lounge.
— J’arrive tout de suite.

Le groom jeta un dernier regard à Ambre avant de s’éclipser.

Ashkan faillit se mettre une paille dans le nez. Son regard s’était perdu dans le vide. C’était un spectacle courant. Quelque chose avait sans doute attiré son attention sur les réseaux. Le photographe fronça les sourcils. Son esprit traquait une bribe d’informations, un élément fugace qui avait résonné avec une autre de ses idées.

Il finit par secouer la tête.

— Non, je l’ai pas.

Tout autour d’eux, le centre commercial bourdonnait d’activité, ce qui ne favorisait guère la concentration.

— Il est comment, ton milkshake, monsieur l’agent des forces de l’ordre ?

Ashkan se pencha au-dessus de la table et murmura :

— T’auras des menottes, tu crois ?
— Cole Spencer, directeur des investissements.
— Alastair Morley, directeur des développements.
— Ambre, dit Ambre.

Les deux hommes, la cinquantaine, grisonnants, portrait typique de l’homme d’affaires, échangèrent un regard perplexe. Ils savaient bien à qui ils avaient affaire, évidemment, mais c’était une chose d’avoir vu les photographies et lu les interviews, et c’en était une autre de voir le spécimen sur pattes.

— Je sais, j’ai l’air beaucoup trop jeune, et tout ça.
— Désolé. Nous sommes habitués à des milieux moins… Atypiques. Je vous en prie.

Ils prirent place tous les trois autour d’une table dans le lounge bar de l’hôtel.

— Mais nous avons vu votre récent projet à Palo Alto, que nous avons trouvé vraiment convainquant, et nous n’avons pas de toute sur notre collaboration future.
— Vous avez un dossier ?
— Naturellement. Voici. Le terrain est situé à quelques kilomètres au nord et…

Ambre commença à hocher la tête de temps en temps, écoutant les explications de ses clients tout aussi attentivement qu’il parcourait le dossier.

— C’est juste que ça bourdonne un peu, dans mes oreilles, et voilà, conclut Wayne.

Cette fois-ci, il croisa le regard de Syrus.

— Me regarde pas comme ça. J’suis pas faible, OK ?
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