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Message par Kassian Loukianenko le Dim 29 Juil - 19:42

_ "Vous voyagez beaucoup."

Kassian adressa un de ses sourires charmeurs à la femme qui contrôlait son passeport à l'aéroport de Star City et ses yeux bleus pénétrants se mirent à pétiller. Elle n'avait pas idée.

_ "Bon séjour, monsieur."

En la remerciant d'un signe de tête, le jeune homme rangea ses papiers dans la poche intérieure de sa veste et il poursuivit son chemin dans le méandre de couloirs, traînant une valise derrière lui, jusqu'au atteindre enfin le hall où il découvrit que tous les panneaux étaient écrits en anglais. Il roula des yeux en se disant que c'était bien américain, ça. Dans tous les aéroports où il était allé, les indications étaient lisibles au moins dans trois langues. Il n'imaginait même pas la panique que ce serait à Moscow si tout n'était écrit qu'en russe.
Heureusement, Kassian avait eu une bonne éducation. Il avait une compréhension correcte de l'anglais, de l'italien, du chinois et de l'ukrainien. En revanche, comme il n'avait guère l'occasion de pratiquer, l'expression orale laissait un peu à désirer et il se montrait toujours plus timide quand il devait prendre la parole dans une autre langue que la sienne.

Il avait choisi trois clients à Star City. Trois clients qui ne savaient pas qu'il venait.
Le premier se disait sincèrement amoureux de sa femme mais lors d'une soirée entre collègues beaucoup trop arrosées il avait couché avec une autre personne et depuis il s'en voulait beaucoup. Comme il était très croyant, il considérait qu'il avait péché et il voulait à tout prix effacer cette faute de sa mémoire pour pouvoir rester auprès de sa bien aimée sans culpabiliser de son erreur.
Le deuxième était le chauffeur d'un bus pour enfants qui s'était endormi au volant qui avait précipité le véhicule d'une falaise. Il était le seul rescapé et il n'arrivait pas à se remettre de sa culpabilité non plus. Il avait déménagé à la grande ville pour s'éloigner de sa campagne où trop de monde avait du mal à lui pardonner mais son souvenir l'empêchait de refaire sa vie.
Le troisième était un client un peu plus spécial. Il disait avoir été enlevé et torturé par une mafia à l'étranger pendant plusieurs mois et il voulait effacer les souvenirs des sévices qu'il avait enduré parce qu'il se sentait replonger dans une ombre dont il avait réussi à s'échapper auparavant grâce à un homme qu'il aurait rencontré et dont il serait amoureux. Son message ne donnait pas plus de précisions mais deux choses avaient intrigué Kassian jusqu'à le pousser à le sélectionner. D'abord, le souhait de racheter un méfait de la mafia - il ignorait encore qu'il s'agissait justement de celle de Moscow mais il savait bien (puisqu'il était au deuxième rang) que des innocents subissaient souvent dans punitions pour qu'elle arrive à ses fins. Et puis, l'histoire avec son mystérieux sauveur dont il était amoureux.

Kassian suivit les panneaux qui conduisaient à la station de taxi et il tendit un papier avec l'adresse de son hôtel au chauffeur qui était en tête de file. Le même hôtel qu'un fameux compositeur finlandais et son petit-ami jardinier, en vacances pour la seconde fois à la capitale américaine des mutants. Il avait choisi cet hôtel parce que c'était apparemment là que c'était tenu la première exposition de Ashkan Fox, un photographe talentueux dont il suivait la carrière sur Internet depuis qu'il était tombé dans les images Google sur une image de renards qu'il avait apparemment prise.

_ "Bonjour. Moi, ici. S'il vous plaît", dit-il au chauffeur en essayant de lisser son accent.

Pouh ! Il allait devoir se dérouille un peu.

En regardant à travers les vitres, le jeune homme se repassa des souvenirs qu'il avait pris à d'autres personnes et conservé parce qu'ils les trouvaient beaux. Parfois, quand son esprit les connectait trop intimement à lui, avait l'impression d'être ces gens-là, pendant quelques secondes, avant que la réalité ne le rappelle brutalement à lui. C'était pour cette raison que le souvenir du baiser entre les deux hommes l'avait tant marqué. Quand il se le repassait, il avait l'impression d'aimer au point que son coeur allait éclater. Une sensation qu'il n'avait jamais ressenti de sa vie auparavant. Bien sûr, Kassian avait rencontré des femmes avec lesquelles il avait fait plus que discuter mais il n'était jamais vraiment sorti avec personne. Sa situation familiale ne rendait pas les choses faciles.

Comme le touriste qu'il restait, il sortit son NG phone et se mit à prendre des photos de la ville qui défilait sous ses yeux, songeant vaguement au fait que les fabricants de son téléphone résidaient ici.
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Re: Somebody I can miss

Message par Ambre Nocturne le Jeu 2 Aoû - 14:11

— Non.
— Si.
— Non.
— Si.
— Non.

La tension était rude.

— Regarde le livret de règles.

Ambre leva théâtralement les yeux au ciel avant de s’emparer du document pour le feuilleter.

— C’est vers le milieu.
— Nia nia nia nia.

Chase esquissa un sourire aimablement moqueur.

— « Si un joueur convertit trois moutons en viande, il recule son pion de cheptel d’une case, à moins de tenter un jet de loup et… ». Ouais. Bon. OK, t’avais peut-être raison.
Peut-être ?
— Bon ben j’ai perdu.
— Semblerait-il.

Chase jeta un coup d’oeil à sa montre.

— Faut que je rentre, Dorian va pas tarder.

Léger hochement de tête de l’autre côté de la table, alors que le plateau de jeu commençait à se ranger tout seul, aurait-on cru en voyant les pièces voler et se ranger d’elles-mêmes dans les compartiments de la boîte.

— Du coup, à propos de ce dont on a parlé… ?
— Dis à ta sœur de m’envoyer les spécifications, et je vous ferai des plans.
— Tu peux passer au Bigsby, sinon…
— Je crois qu’on va éviter.

Silence.
Chase hocha lentement la tête, avant de serrer la main à son ami et de quitter la chambre. Il sortit de l’hôtel peu avant qu’un taxi n’y dépose un mafieux russe en mal de souvenirs à effacer.

— C’est rien.
— Il n’empêche que je voudrais être certain. Quelques examens, ça ne prendrait qu’une heure ou…
— J’ai dit : c’est rien.

Wayne dégagea brusquement son bras du tensiomètre et le médecin, après avoir interrogé Syrus du regard, jugea préférable de se résigner.

— Je vous laisse ma carte et je vous fais une ordonnance pour des analyses sanguines, insista-t-il malgré tout, alors que le jardinier renfila son tee-shirt, assis au bord du lit.

Quelques politesses plus tard et le docteur quitta la suite des deux hommes. Quand Syrus revint dans la chambre, Wayne détourna les yeux.

— Je suis pas malade, répéta-t-il, comme pour se convaincre. J’m’évanouis de temps en temps, c’est juste, j’sais pas, ça arrive à des gens.

Comme ce matin-là, dans la douche, et plusieurs fois avant cela. Les crises paraissaient se rapprocher. Mais aucun des examens n’avait révélé la moindre anomalie chez Wayne. Alors il essayait de faire abstraction du problème.

— M. Nocturne ? Monsieur… Oh. Pardon. Vous aviez dit d’entrer et…

Ambre ferma le poing et la flamme qui dansait au-dessus de sa paume disparut aussitôt. En bon habitant de Star City, le groom devait être habitué à ces spectacles étranges, parce qu’il ne paraît pas surpris très longtemps.

— Messieurs Spencer et Morley vous attendent dans le lounge.
— J’arrive tout de suite.

Le groom jeta un dernier regard à Ambre avant de s’éclipser.

Ashkan faillit se mettre une paille dans le nez. Son regard s’était perdu dans le vide. C’était un spectacle courant. Quelque chose avait sans doute attiré son attention sur les réseaux. Le photographe fronça les sourcils. Son esprit traquait une bribe d’informations, un élément fugace qui avait résonné avec une autre de ses idées.

Il finit par secouer la tête.

— Non, je l’ai pas.

Tout autour d’eux, le centre commercial bourdonnait d’activité, ce qui ne favorisait guère la concentration.

— Il est comment, ton milkshake, monsieur l’agent des forces de l’ordre ?

Ashkan se pencha au-dessus de la table et murmura :

— T’auras des menottes, tu crois ?
— Cole Spencer, directeur des investissements.
— Alastair Morley, directeur des développements.
— Ambre, dit Ambre.

Les deux hommes, la cinquantaine, grisonnants, portrait typique de l’homme d’affaires, échangèrent un regard perplexe. Ils savaient bien à qui ils avaient affaire, évidemment, mais c’était une chose d’avoir vu les photographies et lu les interviews, et c’en était une autre de voir le spécimen sur pattes.

— Je sais, j’ai l’air beaucoup trop jeune, et tout ça.
— Désolé. Nous sommes habitués à des milieux moins… Atypiques. Je vous en prie.

Ils prirent place tous les trois autour d’une table dans le lounge bar de l’hôtel.

— Mais nous avons vu votre récent projet à Palo Alto, que nous avons trouvé vraiment convainquant, et nous n’avons pas de toute sur notre collaboration future.
— Vous avez un dossier ?
— Naturellement. Voici. Le terrain est situé à quelques kilomètres au nord et…

Ambre commença à hocher la tête de temps en temps, écoutant les explications de ses clients tout aussi attentivement qu’il parcourait le dossier.

— C’est juste que ça bourdonne un peu, dans mes oreilles, et voilà, conclut Wayne.

Cette fois-ci, il croisa le regard de Syrus.

— Me regarde pas comme ça. J’suis pas faible, OK ?
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Message par Kassian Loukianenko le Ven 28 Déc - 20:19

Syrus était un homme naturellement inquiet pour tout ce qu'il aimait. Il était donc bien normal qu'un éternuement de Wayne le mette dans tous ces états, mais si en plus son petit-ami se mettait à s'évanouir sans raison apparente...

« Ne t'énerve pas, Wayne. Je sais que tu n'aimes pas passer des examens médicaux mais cela me tranquilise. Tu es ce que j'ai de plus précieux. »

Et quand on connaissait le compte en banque du compositeur oscarisé, ce n'était pas peu dire. Comme pour aider son argument à atteindre sa cible, il se pencha vers lui pour donner un baiser chaste à sa bouche.

En descendant du taxi, Kassian paya généreusement l'homme qui l'avait conduit à son hôtel sans l'obliger à faire la conversation. Il aurait pu commencer à dérouiller son anglais en parlant de banalités comme le temps ou les attractions touristiques de la ville mais il avait trop peu l'habitude d'être seul en société pour se lancer dans le grand bain comme ça. Et puis, il avait un peu honte de son faible niveau d'expression orale. Après avoir glissé son téléphone portable dans sa poche, il remit ses gants qui le protégeaient de tout contact physique inopportun et donc de toute manifestation de ses pouvoirs.

Kassian attrapa la poignée de sa valise à roulettes et il se dirigea d'un pas léger vers le comptoir qui accueillait les hôtes. Il adressa un sourire courtois à la réceptionniste et lui tendit sa carte de crédit quand elle lui souhaita la bienvenue avant de lui demander s'il avait une réservation. Après avoir pianoté quelques instants sur son écran tactile, elle esquissa une petite grimace gênée :

« Je suis navrée, monsieur Loukianenko. Votre chambre n'est pas encore prête. La veille nous avons eu un pyromancien dans celle d'à coté qui a fait un trou dans la cloison. Mais ne vous inquiétez pas, je vais arranger cela afin que vous n'ayez pas trop à attendre. Cela vous ennuierait-il d'attendre dans le lounge, le temps que vous trouve une autre chambre ? Votre boisson est offerte par la maison, évidemment. »

Le russe ne comprit que l'essentiel de ce qu'elle dit et, après lui avoir maladroitement assuré qu'il n'était pas fâché, il suivit ses indications pour rejoindre le lounge où il commanda une vodka, dans l'espoir qu'elle soit aussi bonne que celles qu'on servait dans son pays.
Son arrivée n'avait pas manqué d'attirer quelques regards appréciateurs, surtout chez la gent féminine, parce que la nature avait voulu qu'il hérite des yeux bleus aux longs cils de sa mère, ce qui lui donnait un regard extrêmement doux et hypnotique.

A quelques tables de la sienne, Ambre semblait discuter de choses sérieuses avec deux messieurs en costume. Kassian était assis de sorte à faire face au jeune homme et, en attendant que sa boisson lui soit servie, il laissa naturellement son regard analyser les traits harmonieux de cet inconnu.

Moins d'un quart d'heure plus tard, la réceptionniste vint le chercher pour lui annoncer que sa situation était réglée et qu'elle était en mesure de lui donner la clef d'une chambre toute propre et avec un mur nickel. Le russe commença à la suivre pour retourner à la réception puis, se rendant soudain compte qu'il avait oublié sa valise près de sa table, il fit volte face pour aller la chercher. Malheureusement, un serveur arrivait derrière lui avec un plateau de verres pleins. Surpris par son mouvement, l'homme fit un pas sur le coté et son plateau, déséquilibré, renversa son contenu sur la table près de laquelle ils se trouvaient. La table où Ambre, Morley et Spencer analysaient un dossier qui avait l'air plutôt important. Kassian n'eut le temps de sauver que quelques pages avant que les autres se retrouver inondées d'alcool en tous genres. Quand le raffut se calma et qu'il découvrit qu'il était à présent au centre de l'attention, Kassian se mit à rougir en tendant les feuilles intactes de sa main gantée de noir au beau jeune homme :

« Je... Je suis en désolation. Pour vos papiers. Il y a mouillé dessus. »

Son accent, en plus du vocabulaire utilisé, trahissait largement le fait qu'il était étranger.
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Re: Somebody I can miss

Message par Ambre Nocturne le Sam 29 Déc - 10:11

— Ce n’est pas grave, répliqua Ambre aussitôt, dans un russe parfait, si l’on faisait abstraction de son accent pour le moins désuet. Je suis sûr que nous avons tous des sauvegardes…

Il répéta la même phrase en anglais, à l’intention de ses deux clients, qui hochèrent la tête, même s’ils avaient l’air un peu pincé. À l’heure du tout numérique, ce genre de maladresse ne portait pas à conséquence, après tout, et puisque l’architecte prodige prenait la chose avec légèreté, mieux valait ne pas le faire fuir en se montrant désobligeant.

— Kyo.

Ashkan s’était levé brusquement, dans le bar à milkshakes du centre commercial, l’air paniqué.

— Kyo. Je l’ai. J’ai…

A quelques kilomètres de là, ce que le technopathe avait enfin repéré dans les réseaux se produisit : une gigantesque explosion souffla le milieu de l’hôtel où Kassian était en train de s’excuser. Les étages quatre et cinq furent aussitôt pulvérisés, la tour commença à pencher, tout le bâtiment s’effondrait, à toute vitesse, sous son propre poids. Des torrents de feu dévalaient les cages d’escalier, les câbles des ascenseurs lâchaient et précipitaient leurs passagers vers les sous-sols, les explosions secondaires des conduites de gaz se multipliaient.


*


— Syrus ? Syrus…

Wayne se redressa péniblement, après avoir observé pendant quelques secondes, incapable de bouger, le vaste ciel bleu, et les buses qui décrivaient de grands cercles, à la recherche d’une proie. Tous ses muscles étaient endoloris. Et ses souvenirs confus. Syrus était à côté de lui, dans l’herbe, à flanc de colline, manifestement indemne. Son fauteuil avait échoué quelques mètres plus loin.

Wayne s’approcha de son compagnon.

Tout autour d’eux, c’était la nature. Pas tout à fait sauvage, s’il en jugeait par l’herbe fauchée, par les bois aux arbres soigneusement alignés et, quelques kilomètres en contrebas, par la petite route rurale qui serpentait entre les collines. Mais tout ce dont il se souvenait, quelques secondes plus tôt, c’était Star City, l’hôtel, la gigantesque explosion, la chaleur intense, et puis le réflexe, la nécessité de protéger Syrus, à tout prix, il ne savait comment.

L’hôtel, d’ailleurs, n’existait plus. Un tas de ruines encore fumante, de pierres réduites en miette, de métaux brûlants et tordus. Les camions de pompier s’étaient pressés en masse sur les lieux du désastre, avec des ambulances, des voitures de police et deux ou trois Légionnaires travaillaient déjà à déblayer soigneusement les décombres. Soudain, un tas de débris se mit à remuer. Les pompiers firent un pas en arrière.

Là-dessous, protégés par un solide dôme de roche qui s’était refermé d’un coup sur eux au moment de l’explosion, Kassian, Spencer, Morley et Ambre étaient entassés les uns sur les autres. Mais le dôme se fissurait, jusqu’à s’ouvrir tout à fait, en repoussant les décombres qui s’étaient amoncelés au-dessus, pour laisser les quatre hommes à l’air libre. Ambre, déjà debout, contemplait l’étendue du cataclysme. Mais rapidement, les pompiers les saisirent pour les conduire jusqu’aux ambulances. Morley et Spencer dans l’une, Ambre et Kassian dans l’autre.

— Je n’ai rien, déclara l’architecte à l’infirmière qui s’approchait pour l’examiner.

D’un geste de la tête, il désigna le Russe.

— Examinez-le lui, plutôt.

Il reprit, dans la langue de Kassian :

— Elle veut vérifier si vous n’avez pas de, hm…

Il fit un geste vers la tête, à la recherche du mot peu courant, et assez moderne.

— Commotion ? Commotion cérébrale.

Après un nouveau regard vers le champ de ruines, il reporta son attention sur Kassian et lui adressa un sourire chaleureux.

— Ne vous inquiétez pas, je reste avec vous et je fais l’intermédiaire.

Dans le bar à milkshakes, les télévisions diffusaient toutes les reportages scoop sur le nouveau désastre qui venait de frapper Star City. On voyait l’hôtel en ruines, les pompiers, les ambulances, les Légionnaires qui faisaient léviter des blocs de béton carbonisés. Ashkan s’était laissé retomber sur la banquette, visiblement abattu.

— Je l’ai senti, quelque part, je crois dans les données téléphoniques, mais j’suis pas arrivé à bien cerner à temps. Ça sert à quoi d’avoir un pouvoir, je te jure, si je peux pas m’en servir correctement pour sauver les gens dans ces situations-là.

Mais il n’était pas un Légionnaire et il ne travaillait pas à l’UNISON. Il n’avait jamais décidé de s’entraîner outre mesure, ni de consacrer sa vie à parfaire ses aptitudes surnaturelles, pour devenir un héros. Il aurait dû. Peut-être. En tout cas, désormais, il se sentait terriblement coupable.
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Re: Somebody I can miss

Message par Kassian Loukianenko le Sam 29 Déc - 22:35

Kyo avait quitté sa chaise pour se glisser sur la banquette à coté d'Ashkan et passer un bras autour de ses épaules.

« Tu ne peux pas t'imputer la responsabilité de sauver les gens, mon petit renard. Tu n'es pas Légionnaire. Si on devait tous agir en fonction de nos dons, qu'est-ce que je devrais dire, moi, dont les pouvoirs sont illimités ? »

Il avait dit la dernière phrase plus bas, comme s'il craignait d'être entendu par une tierce personne.
En effet, bien que le jeune Coréen travaillait à présent pour l'UNISON pour démasquer les crimes en col blanc, on pouvait pas vraiment dire qu'il employait au maximum ses mutations stupéfiantes. Il se servait juste de son intelligence qui, bien qu'extraordinaire, ne résultait pas d'une mutation génétique.

« Ne sois pas triste, mon cœur. Tu veux qu'on rentre pour faire des câlins à Viola, Even et Leo ? Ou alors qu'on aille voir sur le lieu de l'explosion si on peut aider ? Y a peut-être déjà nos deux Super-Agents sur place, en plus. » Il parlait évidemment de Camille et Leander Saint-Clair.

Après tout, le photographe serait capable de repérer les signaux des téléphones sous les décombres. Peut-être que les Légionnaires en présence seraient heureux d'en profiter. Les mutations capricieuses de Kyo le rendaient à peu près capable de tout faire mais il n'arrivait pas à choisir quel don mettre en œuvre encore. Ses pouvoirs se manifestaient plutôt comme un bouclier, dans l'urgence du moment.

Dans l'ambulance, Kassian était un peu étourdi et il comprenait encore moins bien ce que le personnel médical lui disait. Heureusement pour lui, le jeune homme aux plans mouillés était monté aussi et essayait de lui expliquer tant bien que mal la situation. Le Russe ne semblait pas du tout ébranlé par ce qui venait de se passer. Il fallait dire aussi qu'il avait réchappé d'un bon paquet d'attentats contre sa famille à Moscow. Ce à quoi il n'était pas habitué, en revanche, c'était à ce que quelqu'un cherche à le toucher. Quand il vit les doigts de l'ambulancier se tendre vers son crâne, Kassian eut un ample mouvement de recul en s'exclamant d'abord en russe puis en répétant dans un anglais erroné :

« Vous pas pouvoir me toucher. »

Dès que sa peau rentrait en contact avec celle d'un autre être humain, la lecture de souvenirs commençait et c'était souvent une expérience déplaisante pour lui. Devant la perplexité de l'ambulancier, il se mordit la lèvre et tenta d'expliquer :

« Gont ? … Gat ?... »

Il ne trouvait pas le mot russe pour désigner les 'gants' alors il se tourna vers Ambre pour s'adresser à lui dans sa langue natale. Généralement, les gens s'imaginaient qu'il était simplement un maniaque de la propreté.

« Est-ce que c'est un rêve ? » Demanda Syrús en découvrant que, le temps d'un battement de cils, il avait été transporté en pleine nature. « Cela m'inspire un air. »

En artiste lunaire qu'il savait être parfois, il se mit à pianoter tranquillement sur sa cuisse, imaginant qu'il se trouvait devant son instrument. S'il avait quelqu'un qui avait une commotion ccérébrale, cela pourrait bien être lui. Au bout de quelques secondes toutefois, il s'interrompit et essaya de se redresser en position assise, ce qui n'était jamais une mince affaire pour lui, malgré tout son entraînement physique. Il regarda autour d'eux.

« Wayne... Où sommes-nous ? »

« Dessous », souffla tristement Kassian dans l'ambulance en réalisant que sa valise était perdue sous des tonnes de gravats et qu'il n'avait plus aucun hôtel pour l'abriter à présent. Son téléphone portable était dans la poche du manteau qu'il portait sur lui mais il ne voulait pas encore devoir appeler son père pour qu'il se sorte de cette mauvaise situation.

Quand les ambulanciers furent rassurés sur son état de santé, ils le laissèrent descendre du véhicule. Le jeune homme regarda quelques instants le spectacle désolant qui s'offrait à ses yeux puis il se retourna vers Ambre toujours dans les parages.

« Je suis voyage. Toi... » Il marqua une hésitation en se souvenant que son vis à vis parlait russe moins que lui ne parlait anglais mais il trouvait cela impoli de céder à la facilité alors il se concentra pour essayer de retrouver les mots capables d'expliquer ce qu'il voulait dire.

« Tu connais auberge, oui ? Autre. »

Souvent, pris d'un furieux doute, il se mit à fouiller les poches de son manteau. La grimace qu'il esquissa valut tout ce qu'il aurait pu dire.

« Argent dans valise. Valise dans... » Il désigna les monticules de gravats d'un getse de la main, gravats qui ne lui donnaient aucun espoir sur ses chances de retrouver son bien avant que tout soit déblayé.
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Message par Ambre Nocturne le Dim 30 Déc - 10:07

— Ce ne sont pas les hôtels qui manquent à Star City, répondit tranquillement Ambre, en anglais, apparemment guère surpris de l’étrange comportement de son nouvel ami dans l’ambulance. L’infirmière non plus ne s’en était pas formalisée : dans une ville comme celle-ci, il fallait savoir s’attendre à tout.

— Ne bougez pas. Je dois récupérer quelque chose, je reviens vous chercher après.

Ambre fit deux pas en arrière et, quand Kassian se retourna, il avait déjà disparu. Les minutes passèrent, bientôt un quart d’heure en entier, avant que le jeune homme ne refasse son apparition en contournant l’une des ambulances. D’un geste de la tête, il désigna le trottoir d’en face et ils purent commencer à s’éloigner des lieux de l’explosion.

Les mains dans les poches, Ambre se fraya un chemin au milieu des badauds attroupés autour du cordon de sécurité pour observer les opérations de sauvetage et de déblaiement. Des journalistes des chaînes locales et nationales étaient déjà en train de dresser le triste bilan des victimes devant l’objectif des caméras, et chacun se répandait en spéculation sur les auteurs de l’attentat, et les raisons qui l’avaient motivé.

Ambre, pour sa part, ne se posait pas ce genre de questions. Il partait du principe que toute cette affaire ne le concernait pas. Ses ennemis à lui n’employaient pas vraiment les explosifs pour parvenir à leurs fins. Il s’était simplement retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. À moins que ce ne fût un signe du destin. Il jeta un regard en biais à Kassian. La maladresse du Russe l’avait providentiellement sauvé de l’explosion, en le plaçant sous sa protection. Ça aussi, c’était un signe du destin ?

— Non… non, c’est bon, on rentre… J’ai mal à la tête de toute façon, murmura Ashkan, visiblement abattue.

Il sortit de sa poche quelques billets qu’il cala sous l’un des grands verres pour régler leurs consommations, avant de se relever.

— Ils ont des détecteurs à ondes pour repérer les mecs ensevelis sous les décombres.

Les réseaux sociaux tout autour de lui étaient saturés de tweets, de posts Facebook, de photos sur l’attentat. Tout se bousculait dans sa tête et, comme il avait perdu son calme et qu’il s’était laissé ébranlé, il ne parvenait plus vraiment à faire le tri. La migraine s’annonçait fameuse.

— Je suis désolée, c’est la convention républicaine, ce week-end, à Star City, tous les hôtels sont pleins à craquer, expliqua la réceptionniste qui pianotait à toute vitesse sur son ordinateur, dans le cinq étoiles devant lequel Ambre s’était arrêté, pas par snobisme, mais parce qu’il connaissait d’abord les hôtels pour leur architecture, et que par conséquent seuls les plus prestigieux étaient sur son radar. Mais il nous reste quand même une chambre. Et après demain, une autre devrait se libérer.
— C’est bon, ça ira, déclara Ambre, qui ne se voyait pas traîner son Russe déboussolé dans tout Star City à la recherche d’un hôtel qui aurait par miracle deux chambres à leur proposer.

Le jeune homme sortit sa carte bancaire pour régler leur réservation et il récupéra les deux clefs magnétiques que la réceptionniste lui tendit. Cinq minutes plus tard, il pénétrait avec Kassian dans la chambre, où un seul lit double trônait au milieu d’une vaste pièce décorée d’un goût sobre. Ambre s’approcha de la fenêtre, pour observer la vue, et la fumée qui s’élevait, non loin de là, du site de leur ancien hôtel.

— J’sais pas. Attends.

Depuis qu’ils avaient mis les pieds à Star City, Wayne essayait de se faire à l’idée que la vie était beaucoup plus étrange que ce qu’il avait pensé jusque là, mais, jusqu’à présent, cette étrangeté n’avait été pour eux qu’un spectacle, observé prudemment à distance. Le jeune homme sortit son téléphone de sa poche — c’est l’avantage des Millenials — et activa le GPS. Il lui fallut plusieurs dézoomages pour avoir enfin une idée de l’endroit où il se trouvait.

— A cinquante kilomètres à l’ouest de Star City, dans l’arrière des terres. Camohohawk County. Le hameau, là… C’est New Providence. On devrait essayer de descendre par là, pour trouver… Un taxy, ce sera chaud, mais je sais pas, quelque chose.

Il se releva péniblement, en ignorant la douleur dans ses muscles, rangea son téléphone et partit remettre à peu près en état de marche le fauteuil de Syrus. Puis il fallut installer le compositeur dessus. Pour une fois, Wayne en prit les commandes, le temps de descendre la pente herbeuse, jusqu’à atteindre la petite route, où il laissa à nouveau son compagnon libre de ses mouvements.

— Franchement, c’est une ville intéressante, mais fatigante, Star City…

Les chats s’étaient attroupés vers Ashkan dès leur entrée dans l’appartement, comme pour lui témoigner leur sollicitude.

— Je vais faire une sieste.

Le photographe posa les yeux sur Kyo et lui adressa un faible sourire.

— T’inquiètes pas, ça va aller, j’ai juste besoin… De me reposer.

Ambre, lui, consentit à détacher le sien, de regard, du paysage, pour se tourner vers Kassian.

— On devrait aller s’acheter des vêtements et des affaires de toilettes. Le temps que nos affaires nous soient restituées, s’il en reste quelque chose, ça peut prendre un moment, je suppose.
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